Lorsqu’un arrêt maladie coïncide avec un jour de repos hebdomadaire, une question cruciale se pose : ce jour est-il perdu ou est-il indemnisé ? Le droit du travail encadre précisément ces situations, mais les règles applicables varient selon le secteur d’activité, la convention collective et le statut du salarié. Cet article fait le point sur les droits des salariés, les règles d’indemnisation et les interactions entre arrêt maladie, jours de repos et congés. Qu’en est-il du jour de carence ? L’arrêt maladie reporte-t-il les congés payés ? Toutes les réponses dans ce guide juridique complet.
Qu’est-ce qu’un jour de repos hebdomadaire et comment est-il encadré par la loi ?
Définition et cadre juridique du repos hebdomadaire
Le repos hebdomadaire est un droit fondamental reconnu à tous les salariés. Inscrit dans le Code du travail, il stipule qu’un employé doit bénéficier d’au moins un jour de repos complet par semaine. L’objectif est double : garantir la santé et la sécurité des travailleurs tout en assurant un équilibre entre vie professionnelle et personnelle.
Selon l’article L3132-1 du Code du travail, le repos hebdomadaire doit être accordé par principe le dimanche. Toutefois, des dérogations existent, notamment pour certaines activités nécessitant une continuité de service (hôpitaux, restauration, transports, etc.) ou dans les cas où un roulement est organisé pour des raisons économiques. Certaines branches professionnelles bénéficient de règles spécifiques grâce aux conventions collectives qui peuvent adapter les modalités d’application de ce repos.
En cas de non-respect de cette obligation légale, l’employeur s’expose à des sanctions, comme le prévoit l’article L3132-5 du Code du travail. Une entreprise ne respectant pas le repos hebdomadaire peut faire l’objet d’amendes administratives, voire de poursuites judiciaires en cas d’atteinte grave aux droits des salariés.
Qui bénéficie du repos hebdomadaire ?
Le repos hebdomadaire est un droit dont bénéficient l’ensemble des salariés, quel que soit leur secteur d’activité ou leur contrat de travail. Il s’applique aussi bien aux employés en CDI qu’à ceux en CDD, aux intérimaires ainsi qu’aux apprentis. Le Code du travail impose un jour de repos obligatoire par semaine, généralement le dimanche, sauf exceptions prévues par la loi ou des accords collectifs.
Cependant, certains professionnels sont concernés par des régimes spécifiques. C’est le cas des travailleurs du secteur médical, des transports ou encore de la restauration, où des dérogations sont accordées permettant une organisation distincte des jours de repos. Dans certains cas, le repos peut être attribué par roulement, afin d’assurer une continuité du service.
Les travailleurs indépendants et les auto-entrepreneurs, quant à eux, ne sont pas soumis à cette obligation légale. Ils peuvent aménager leur emploi du temps sans contrainte, bien que le respect d’un certain équilibre entre travail et repos reste recommandé.
Enfin, le personnel soumis à la convention de forfait jours, notamment les cadres autonomes, bénéficie également d’un droit au repos hebdomadaire, mais avec une flexibilité accrue quant à son aménagement en fonction des impératifs de l’activité.

Les spécificités du repos hebdomadaire selon les conventions collectives
Si le Code du travail fixe un cadre général pour le repos hebdomadaire, les conventions collectives apportent de nombreuses adaptations selon les professions et les secteurs d’activité. Ces accords négociés entre employeurs et organisations syndicales permettent une application plus souple des règles, répondant aux contraintes spécifiques de chaque branche.
Dans certains secteurs, comme le commerce ou l’hôtellerie-restauration, les conventions collectives prévoient des dérogations au repos dominical en échange de compensations. Ces contreparties peuvent inclure :
- Un repos compensateur attribué à un autre jour de la semaine.
- Une majoration salariale pour le travail effectué le dimanche.
- Des jours de repos supplémentaires sur l’année.
Par ailleurs, certaines conventions aménagent la durée minimale de repos. Alors que la loi impose 24 heures consécutives, certains accords élargissent cette durée afin d’offrir un meilleur équilibre entre vie privée et travail.
Dans le cas des forfaits jours, souvent appliqués aux cadres, la gestion du repos s’avère encore plus flexible. Ces salariés bénéficiant d’une autonomie accrue peuvent voir leur jour de repos varié, selon les exigences de leur charge de travail.
Les travailleurs des secteurs à cycle de production continu (industrie, transport, santé) bénéficient également d’ajustements spécifiques. Les conventions collectives de ces domaines instaurent généralement un système de repos tournant, leur permettant de bénéficier de jours de récupération adaptés aux impératifs du service.
Enfin, pour les secteurs exposés à des pics d’activité saisonniers, comme l’agriculture ou l’événementiel, les conventions peuvent prévoir un report ou une réorganisation du repos hebdomadaire afin de s’adapter aux fluctuations de la demande.

Arrêt maladie et jour de repos hebdomadaire : quels sont les droits des salariés ?
Perte ou maintien de la rémunération : que prévoit la loi ?
Lorsqu’un salarié se trouve en arrêt maladie coïncidant avec un jour de repos hebdomadaire, une question essentielle se pose : sa rémunération est-elle maintenue ou subit-elle une réduction ? Le Code du travail, les conventions collectives et les accords d’entreprise jouent ici un rôle clé en définissant les conditions d’indemnisation.
En règle générale, lorsqu’un salarié est en maladie et que son absence est justifiée par un certificat médical, il peut percevoir des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS), sous réserve de respecter certaines conditions d’éligibilité (ancienneté, cotisations suffisantes, etc.). Toutefois, ces IJSS ne couvrent que les jours normalement travaillés et non les jours de repos hebdomadaire. En pratique, si l’arrêt de travail inclut un jour de repos déjà prévu, celui-ci reste un jour de repos non indemnisé par la Sécurité sociale.
Le complément de salaire versé par l’employeur – lorsqu’il est prévu par la convention collective ou un accord d’entreprise – peut néanmoins compenser cette perte. Certains accords garantissent un maintien de la rémunération à 100 %, couvrant ainsi l’intégralité des jours d’absence, y compris les jours de repos. D’autres, en revanche, limitent leur prise en charge aux seuls jours ouvrés.
En cas de litige, le salarié peut se référer à sa fiche de paie et aux textes régissant son secteur pour s’assurer que ses droits sont bien respectés. Il est également recommandé de vérifier les pratiques en vigueur au sein de l’établissement et d’éventuellement solliciter un représentant du personnel ou un juriste pour clarifier sa situation.
Impact de l’arrêt maladie sur le calcul des jours de repos
Lorsque l’arrêt maladie d’un salarié coïncide avec une période incluant des jours de repos, l’impact sur le calcul de ces derniers dépend de plusieurs critères. En principe, un salarié en arrêt de travail voit son planning figé pendant toute la durée de son absence. Ainsi, les jours de repos déjà prévus dans l’organisation du travail ne sont généralement ni décalés ni reportés, sauf dispositions spécifiques prévues par la convention collective ou un accord d’entreprise.
Dans le cas des salariés bénéficiant d’un forfait jours, la situation peut être plus nuancée. Étant donné que leur temps de travail est comptabilisé en jours sur l’année, l’arrêt maladie peut parfois influencer le nombre de jours de repos dont ils disposent, notamment lorsque la convention de branche prévoit une neutralisation de l’absence dans le calcul des jours travaillés.
Autre point clé : l’impact de l’arrêt maladie sur le cycle du repos compensateur. Certains salariés bénéficient de jours de récupération acquis en compensation d’heures supplémentaires ou d’astreintes. Dans certaines configurations, un arrêt maladie intervenant sur une période où ces jours de repos étaient prévus peut les neutraliser. Il revient donc au salarié et à son employeur de vérifier ce que prévoient les textes applicables à leur secteur.
Enfin, si un jour de repos hebdomadaire tombe pendant un arrêt maladie, celui-ci conserve son caractère de jour non travaillé et ne donne lieu à aucune indemnisation supplémentaire, sauf cas particulier. Le salarié ne peut exiger de le récupérer après sa reprise, sauf si un accord collectif ou une clause contractuelle le prévoit expressément.
Tableau – Différences d’indemnisation selon le secteur privé et public
Lorsqu’un salarié se trouve en arrêt maladie, les règles d’indemnisation varient significativement selon qu’il travaille dans le secteur privé ou dans la fonction publique. Ces différences concernent non seulement le calcul des indemnités journalières, mais également les conditions de versement et la prise en charge des jours de repos coïncidant avec un arrêt de travail. Le tableau ci-dessous permet d’illustrer ces disparités :
Critères | Salariés du secteur privé | Agents de la fonction publique |
---|---|---|
Droit aux indemnités journalières | Oui, sous réserve d’ancienneté et de cotisations suffisantes | Oui, maintien de traitement sous conditions |
Délai de carence | 3 jours (sauf dispositions conventionnelles plus favorables) | 1 jour |
Maintien de salaire par l’employeur | Possible selon la convention collective ou un accord d’entreprise | Oui, partiel ou total selon le statut et l’ancienneté |
Prise en charge des jours de repos tombant pendant un arrêt | Non indemnisés (sauf compensation spécifique) | Maintien possible selon le régime des jours RTT |
Durée maximum d’indemnisation | Jusqu’à 3 ans en cas de maladie longue durée | Variable selon le statut (fonctionnaire titulaire ou contractuel) |
Dans la fonction publique, le maintien du traitement est souvent plus favorable, notamment pour les fonctionnaires titulaires bénéficiant d’un régime plus protecteur que les salariés du privé. En revanche, le jour de carence est généralement plus court pour les agents publics. Pour les salariés du privé, les règles d’indemnisation sont plus flexibles et influencées par la négociation collective.
Arrêt maladie, repos hebdomadaire et congés payés : comment s’articulent ces absences ?
Liste – Les règles en matière de cumul arrêt maladie et congés payés
Le cumul entre un arrêt maladie et des congés payés répond à des règles précises encadrées par le droit du travail et la jurisprudence de la Cour de cassation. Contrairement aux idées reçues, un salarié en arrêt peut, sous certaines conditions, bénéficier du report de ses congés ou les prendre dès sa reprise. Voici les principaux points à retenir :
- Acquisition des congés payés pendant l’arrêt maladie : Depuis une décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), les salariés acquièrent des jours de congés payés pendant leur arrêt maladie, même en l’absence de travail effectif.
- Report des congés payés non pris : Si un salarié tombe malade avant ou pendant ses congés, il peut demander leur report à une date ultérieure. Cette règle protège son droit au repos et a été confirmée par les décisions des juridictions françaises.
- Formalisme à respecter : Pour bénéficier du report de ses congés, le salarié doit informer son employeur dès qu’il est en mesure de le faire, idéalement en fournissant un certificat médical.
- Retour au travail et prise des congés reportés : À la reprise, l’employeur doit permettre au salarié de poser les jours de congés payés reportés, dans le respect des règles d’organisation de l’entreprise.
- Cas des conventions collectives : Certaines conventions prévoient des dispositions spécifiques concernant le cumul arrêt maladie et congés payés. Il est recommandé de les consulter pour connaître les adaptations applicables.
- Congés déjà validés avant l’arrêt : Si les congés étaient posés avant l’arrêt maladie, ils ne sont pas automatiquement annulés. Le salarié doit faire une demande explicite pour bénéficier du report.
Ces règles garantissent que le salarié ne perde pas son droit au repos annuel, même en cas de maladie. Toutefois, des précisions peuvent être apportées par les accords d’entreprise ou la convention collective applicable.
Peut-on reporter ses congés en cas d’arrêt maladie pendant un jour de repos ?
Lorsqu’un salarié tombe malade durant un jour de repos, une question essentielle se pose : ce jour peut-il être reporté ? En principe, le jour de repos hebdomadaire étant déjà un jour non travaillé, il ne peut pas être récupéré. Toutefois, la situation est différente en ce qui concerne les congés payés. En effet, la jurisprudence européenne et française reconnaît le droit au report des congés payés si l’arrêt maladie empêche leur utilisation effective. Ainsi, si un salarié tombe malade alors qu’il devait être en congé – même pendant un jour de repos inclus dans ces congés –, il a la possibilité de les décaler. Il devra toutefois informer son employeur et fournir un justificatif médical. Les conventions collectives peuvent également prévoir des dispositions plus favorables, notamment en ce qui concerne les jours de récupération et la replanification des congés. Il est donc recommandé aux salariés de se référer aux textes applicables dans leur secteur afin de connaître leurs droits précis en matière de report des congés en cas d’arrêt maladie.
Le rôle des accords et conventions collectives dans la gestion des jours d’absence
Les accords et conventions collectives jouent un rôle crucial dans la gestion des jours d’absence, qu’il s’agisse d’un arrêt maladie, d’une absence exceptionnelle ou d’un congé spécifique. Ces dispositifs permettent d’adapter les dispositions légales aux particularités de chaque secteur d’activité et d’offrir aux salariés des garanties souvent plus avantageuses que celles prévues par le Code du travail.
Dans de nombreux secteurs, les conventions collectives prévoient des dispositions particulières concernant :
- Le maintien de la rémunération en cas d’absence pour maladie ou accident.
- La possible neutralisation de certains jours d’absence dans le calcul des droits aux congés payés.
- Des compensations sous forme de jours de repos reportés ou indemnisés.
- Des conditions spécifiques pour le déclenchement des indemnités complémentaires versées par l’employeur.
Par exemple, certaines conventions du secteur industriel ou des services prévoient un maintien intégral du salaire dès le premier jour d’arrêt, sans délai de carence, tandis que d’autres imposent une carence réduite par rapport aux dispositions légales. Dans certains cas, les journées d’absence sont prises en charge non seulement par la Sécurité sociale, mais aussi par un régime de prévoyance obligatoire instauré par la convention collective.
Les accords d’entreprise viennent également compléter ces dispositifs en introduisant des aménagements supplémentaires, notamment en matière de jours de récupération ou d’aménagement des horaires pour compenser des absences non couvertes. Ces mesures visent à garantir un équilibre entre les besoins opérationnels de l’entreprise et les droits des salariés.
Ainsi, pour tout salarié souhaitant comprendre ses droits en cas d’absence, consulter sa convention collective et les éventuels accords d’entreprise est essentiel. Ces documents peuvent apporter des droits supplémentaires souvent méconnus mais particulièrement avantageux.